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Revue d’août 2017 - le nicobar à camail


Texte et photo: Armand Cleynen (B)

Systématique et aire de répartition

Le nicobar à camail appartient au genre Caloenas. En plus de la forme nominative, il y a une sous-espèce.

• Caloenas nicobarica nicobarica (Linnaeus

1758) : Les îles Andaman et Nicobar, l’archipel Mergui et les îles Con Son, l’Indonésie et les Philippines jusqu’aux îles de la NouvelleGuinée et Salomon.

• Caloenas nicobarica pelewensis (Finsch 1975) : les îles Palau.

Le nicobar à camail est un insulaire typique. Les nicobars habitent principalement les atolls de corail boisés. Parfois ils volent de grandes distances au-dessus de la mer, d’une île à l’autre, à la recherche de nourriture. Ils ont de grands yeux et une queue blanche, ce qui indique qu’ils sont souvent actifs au crépuscule. La queue blanche aurait en particulier une fonction de signalisation lorsqu’ils volent en groupe ou quand ils sont effarouchés par des rapaces. Parfois, ils volent en petits groupes, jusqu’à une hauteur de 60 m.

Les nicobars à camail cherchent leur nourriture au sol. Celle-ci est composée de fruits tombés, de graines et d’insectes. Grâce aux forts muscles striés du gésier, ils sont capables d’écraser le noyau des fruits. Ce sont de vrais oiseaux coloniaux : sur des îles plus grandes, il se trouve parfois plus de 1000 individus. Un arbre peut abriter plusieurs nids très rapprochés. Les nids se situent à une hauteur de 3 à 12 m dans des arbres denses.

Description

Le nicobar à camail est un peu plus grand que le pigeon ramier, mais plus court et plus gros. Le poids est de 500 à 700 g, la longueur est de 35 à 50 cm. Les ailes mesurent environ 25 cm, la queue, qui est blanche et assez courte, a une longueur de 9,5 cm.

Ce qui frappe immédiatement ce sont les magnifiques plumes du cou lancéolées vert grisâtre qui forment le camail. La tête est relativement petite. Par contre, le bec gris foncé est très puissant. Au-dessus du bec il y a une bosse très développée, noire et charnue.

Cette bosse est plus grande et plus développée chez le mâle.

Les plumes de la tête sont gris foncé et très courtes. Le dessus du corps est bleu-vert foncé avec un éclat bronze. La poitrine et le ventre sont gris foncé, les ailes sont vert noirâtre. 

La queue est blanche. Les pattes sont rouge pourpre avec des ongles jaunes, comme des griffes. L’iris est brun clair à brun rougeâtre et les morilles du nez et le contour des yeux sont de couleur foncée.

La femelle est un peu plus petite que le mâle, avec les plumes lancéolées du cou un peuplus courtes et la bosse du nez un peu plus petite. Un test ADN pour déterminer le sexe est recommandé.

Les jeunes oiseaux complètement développés sont d’une couleur plus sombre, ils n’ont pas le camail la première année, la queue est vert foncé et les pattes sont noires.

La sous-espèce Caloenas nicobarica pelewensis est plus petite avec le plumage plus bleu, ce qui lui donne une apparence plus foncée. Les plumes du camail sont beaucoup plus courtes. Puisque cette sous-espèce n’habite qu’un archipel, elle est très rare et la population est estimée à moins de 1000 oiseaux.

Parade nuptiale

Pendant la parade le mâle déploie le camail, étend la tête vers le haut et se jette vers l’avant, les ailes légèrement déployées, en émettant un faible cri, le bec un peu ouvert.

Personnellement, j’ai toujours vu les nicobars à camail parader et s’accoupler au sol.

Le roucoulement est profond, court et sourd.

Elevage en milieu protégé

La première connaissance avec le nicobar à camail est mentionnée dans Brehms Tierleben (1927) par Mr. Levaillant, un naturaliste français qui vit 17 exemplaires de cette espèce en 1790 chez Mr. Ammershof aux Pays-Bas. Il a d’abord pensé que c’était des poules parce qu’ils restaient presque toujours sur le sol.

En 1864, les premiers exemplaires sont arrivés au zoo de Londres où ils ont été élevés avec succès. Le premier élevage enregistré a eu lieu en 1872 dans un jardin d’acclimatation à Paris.

Le nicobar à camail est particulièrement apprécié dans de grandes volières qui doivent disposer d’une assez grande partie intérieure hors gel. De préférence, la volière extérieure est plantée assez densément. Les pigeons aiment à demeurer sous les buissons denses.

Des boîtes planes et des paniers profonds peuvent être utilisés comme nichoirs. Ils aiment des brindilles assez solides comme matériel de nidification. Attention ! Les nicobars à camail peuvent construire un haut nid et il est possible que l’œuf tombe à travers les brindilles ou que la structure tombe.

La femelle pond un seul œuf blanc (46 x 33 mm). La durée de couvaison est de 28 à 30 jours. Les deux parents couvent. Le nouveau-né est noir et reste 50 à 60 jours dans le nid. Le jeune est bagué à l’âge d’environ 16 jours (diamètre 10 mm) et est totalement développé après trois mois.

La nourriture est un mélange complet pour pigeons (maïs, blé, orge, dari, cardi, petits pois et haricots), complété par des granulés protéiques. On peut également ajouter quelques variétés de petites graines.

Les nicobars à camail ne sont pas agressifs envers d’autres espèces de pigeons, mais ils peuvent toutefois défendre le petit territoire autour de leur nid avec des battements d’ailes rigides.

Ils peuvent être détenus par couple, mais personnellement, je préfère les détenir en colonie.

Pendant le froid hivernal, les pigeons doivent être gardés à l’intérieur et l’abri doit être chauffé modérément (entre 5 et 10 °C).

Le récent recensement (2015) du groupe de travail Pigeons et Colombes Sauvages & Petits Gallinacés en Belgique et aux Pays-Bas dénombre 19 éleveurs avec 57 couples reproducteurs qui ont élevé 49 jeunes.

Ce sont de vrais joyaux dans les volières, mais seulement destinés aux éleveurs expérimentés qui disposent de l’espace nécessaire.

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